Fiche technique :
- Titre original : Ichimei (一命)
- Titres anglais et français : Hara-Kiri : The Death of Samurai/ Hara-Kiri : Mort d'un Samourai
- Réalisateur : Miike Takashi
- Scénariste : Yamagishi Kikumi, roman de Takiguchi Yasuko
- Adaptation : Hara-Kiri de Kobayashi Masaki (1962)
- Genre : Histoire, drame
- Pays : Japon
- Année : 2011 (France, sortie ciné : 2011)
- Durée : 126 min
- Musique : Sakamoto Ryuichi
Casting :
- Ichikawa Ebizô : Hanshirô Tsugumo
- Eita : Motome
- Mitsushima Hikari : Miho
- Yakusho Kôji : Kageyu
Mon avis :
Hara-Kiri : mort d'un samourai est sorti au ciné le 30 novembre (en 2D contrairement au Japon, explication ICI). Personnellement, la 3D, je m'en fiche avant ça n'existait pas au ciné alors je peux continuer à voir des films en 2D sans aucun problème. Le problème ici, serait plutôt que l'éditeur français n'a pas respecté le fait qu'il soit diffusé au départ en 3D (lors de la sortie à Cannes)...et a cru bon de faire ce qu'il voulait de ce film.
N'ayant jamais vu l'oeuvre originale de Kobayashi tournée en 1962 et qui depuis bénéficie du statut de classique du cinéma, c'est avec un regard neutre que je suis allée voir le film de Miike Takashi lors de sa sortie en salle.
Je m'attendais pas du tout à un tel film, connaissant la réputation du réalisateur (mais ayant vu finalement très peu de films de lui), j'appréhendais un peu car je pensais me retrouver face à un film bien sanglant voire gore (j'ai trop regardé Baby Cart, hein ;-) ). Je fût en fin de compte très surprise du résultat, un film superbement mis en scène, bien maîtrisé du début à la fin et visuellement superbe (malgré les couleurs majoritairement austères mais entrecoupées de couleurs très claires et lumineuses lorsqu'on nous montre la nature par exemple). Les décors sont très sobres et même le film tout entier. La musique est tellement triste qu'elle m'a fichue le moral en l'air.

Parmi les acteurs qui sont tous très bons (et qui ne manqueront pas de vous faire pleurer, Mitsushima Hikari en tête), j'ai tout de suite reconnu Eita à qui le réalisateur offre là un rôle important dans sa carrière de films plutôt légers et de dramas. J'ai également reconnu Mitsushima Hikari que j'avais adoré dans Love Explosure de Sono Sion (malheureusement le film n'est pas sorti en France à ma grande déception, film grandiose mais ce n'est pas le sujet de cet article^^). Quant à Ishikawa Ebizô que je ne connaissais pas, il est époustouflant dans la scène finale et Yakusho Kôji est impressionnant dans sa façon de se tenir et marcher (il boite et a le pas lourd qui résonne sur le plancher, ce qui le rend impressionnant).
Le film de Miike est vraiment dur, surtout dans sa première partie lorsque Motome (Eita) demande le rituel seppuku auquel il n'a aucune réelle intention de se soumettre et se voit contraint de l'exécuter avec un sabre de...bambou. Imaginez un peu la scène, c'est difficilement supportable tellement c'est long, tellement il souffre (les bruitages font un drôle d'effet à chaque coup porté ainsi que les cris du personnage) et tellement le samourai chargé de l'achever par décapition au sabre met du temps à se décider (un vrai sadique ce type).
Et puis arrive un nouveau flashback (raconté cette fois ci par Hanshirô) qui durera les 3/4 du film et qui nous montrera des drames qui ne finissent plus de s'enchaîner. J'ai beaucoup aimé le côté mélo même si c'était larmoyant et que certaines scènes souffraient de longueurs.
Hara Kiri mélange plusieurs genre (drame ou plutôt mélodrame, sabre et histoire) et puis on a un aperçu bien noir et négatif de la société de l'époque où il ne faisait pas bon vivre et où l'homme avait peu de valeur (droit de vie et de mort) aux yeux des grands seigneurs, chefs de clan.
La mort est omniprésente à chaque moment de l'histoire. A part quelques moments de bonheurs au début (un mariage, une naissance), le film reste vraiment très sombre et n'offre aucun espoir aux personnages et n'est jamais optimiste.
En plus, il y a ce chat qu'on retrouve chez le clan Li et Motome qui m'a fait penser à un "énonciateur" de la mort (le blanc, couleur du deuil) et le fait aussi qui soit là en tant que spectateur du drame qui se déroule sous nos yeux.

J'ai donc vraiment été surprise par Hara Kiri qui m'a obligée a restée scotchée (surtout la scène finale magistrale) à mon fauteuil. Malgré des longueurs et des scènes vraiment larmoyantes, ce film est pour moi d'une grande qualité, visuellement superbe et parfaitement bien maîtrisé. Attention cependant à certaines scènes cruelles et quasi insoutenables, si vous êtes très sensible, ça risque d'être difficile.
Ma note : 9/10
Ageha.
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